Le cercle vertueux de la confiance et du relâchement

« Faites du cheval un compagnon et non un esclave, vous verrez quel partenaire extraordinaire il est. »


La magnifique citation du grand maître Nuno Oliviera, qui nous rappelle ici que la confiance et l’absence de coercition sont les clés de la réussite avec nos chevaux.

Et pourtant, bon nombre de cavaliers, qu’ils soient professionnels ou amateurs, oublient cet adage.

Dresser son cheval ne veut pas dire le « mater » ni le contraindre par la force.

Dresser son cheval veut dire l’éduquer, lui apprendre, lui faire comprendre.

Dans cet article nous parlerons :

  • Du cercle vicieux de la contrainte
  • De la remise en question du cavalier
  • Du cercle vertueux de la confiance et du relâchement

Le cercle vicieux de la contrainte :

On n’obtient jamais de résultats durables dans la contrainte. Le cheval se placera dans une fausse attitude pour se défaire de la contrainte mais ne fonctionnera pas dans son ensemble

Il restera figé.

Un cheval figé ne travaille pas juste : les masses musculaires ont besoin d’être relâchées pour fonctionner.

Pire, ces attitudes contraintes développent des crispations et courbatures néfastes pour le cheval qui garde en mémoire cet inconfort et ces douleurs de son travail sous la selle.

Sans relâchement, bloqué et figé, le cheval accumule contractures et raideurs.

Moralement, il ne peut que craindre chaque nouvelle séance de travail synonyme d’inconfort pour lui et risque de développer, par anticipation, des signes de réticences et de défenses auxquelles le cavalier répond par encore plus de contrainte.

Voici comment débute le cercle vicieux : contrainte – crispations – courbatures – défenses – contrainte…

Par manque de connaissances, de formation, d’encadrement qualifié ou encore par absence de remise en question permanente (pourquoi mon cheval n’exécute t’il pas l’exercice ?? pourquoi ne me comprend t’il pas ?? ), beaucoup de cavaliers tombent dans ce cercle vicieux au risque de dégoûter leur monture et de provoquer sur le long terme, des lésions physiques et psychiques irréversibles.

La remise en question du cavalier :

Il n’est pas toujours trop tard pour renverser la tendance et sortir du cercle vicieux.

Tout commence par une chose simple mais fondamentale en équitation : se poser des questions et savoir se remettre en cause.

Car, dans le couple cavalier/cheval, celui qui est capable de raisonnement est d’abord l’humain donc le cavalier avant l’animal…

Non, un cheval n’a pas la capacité de se « moquer » de son cavalier…

Non, un cheval n’a pas la capacité de faire semblant…

Non, un cheval n’a pas la capacité de ne pas vouloir faire plaisir parce qu’il n’a pas reçu sa carotte du matin…

Le cheval est un animal, pas un comédien et il ne réfléchit pas comme un humain.

Donc, quand ça ne marche pas, il faut commencer par se poser quelques questions simples :

  • Le cheval a t’il compris ma demande ?
  • Ai-je exécuté la bonne action ?
  • Le cheval est il au niveau de l’exercice demandé ?
  • Le cheval a t’il les capacités physiques pour réaliser l’exercice ?
  • Le cheval est il, en ce moment même, en pleine forme pour travailler ?

Si la réponse est non à l’une de ces questions, alors inutile d’insister ni de se fâcher…

Il faut, si possible, savoir demander de l’aide à un enseignant qui pourra corriger la mauvaise action si besoin ou constatera de lui même si le cheval n’est pas au niveau de la demande du cavalier, pas prêt à réaliser cet exercice ou encore souffrant…

Il pourra éventuellement proposer un exercice plus adapté au cheval pour terminer la séance sur une note positive.

Si le cavalier ne peut pas obtenir de l’aide, alors il faut savoir immédiatement cesser l’exercice, donner les rênes et laisser le cheval se détendre.

Il faut savoir accepter que l’exercice, ce jour là, ne marche pas.

Il ne s’agit pas d’abandonner, ni de baisser les bras, mais de ne pas tomber dans le cercle vicieux, qui, comme évoqué auparavant, finit toujours mal…

Il s’agit de savoir reporter à plus tard une demande pour laquelle le cheval n’était peut être pas encore préparé.

Il s’agit de continuer à s’interroger pour comprendre pourquoi ça ne va pas (ennui, douleurs, manque de sorties etc…).

Il s’agit d’avoir la sagesse d’admettre que le cheval ne peut pas réaliser l’exercice pour des raisons physiques et qu’il ne pourra peut être jamais le réaliser.

Qu’à cela ne tienne ! Est il mauvais cheval pour autant ? Cela l’empêche t’il de remplir son rôle de compagnon de loisir ou de sport ?

La réponse est évidemment non…

Le cavalier peut donc continuer son travail avec lui sereinement en adaptant ses exigences à son cheval et non l’inverse !

Ainsi, le couple cavalier/cheval retrouve de la sérénité et s’installe dans un nouveau cercle vertueux cette fois.

Le cercle Vertueux de la confiance et du relâchement :

Une fois cette simple remise en question faite, le couple retrouve de la sérénité dans le travail.

Cette sérénité va rétablir la confiance du cheval envers son cavalier. Il n’anticipera plus les crispations et les douleurs, sera plus facilement coopératif et relâché.

Ce relâchement permettra enfin au cheval de travailler juste et dans l’harmonie musculaire.

Le cavalier découvre alors tous les bénéfices du travail dans la confiance et les premiers résultats visibles sur l’état général du cheval ne tarderont pas à venir.

Il n’est donc pas trop tard pour apprendre à se remettre en question et tomber dans le cercle vertueux du relâchement et de la décontraction .

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